Perdre localement
L'affirmation, telle qu'on l'entend : « Faites des abdos pour le ventre, la machine à adducteurs pour les cuisses — travaillez la zone et la graisse qui s'y trouve s'en va. »
Ce que montrent les données. La graisse est stockée dans des cellules dans tout le corps et mobilisée dans le sang comme une réponse de tout le corps à un déficit, puis utilisée là où on en a besoin ; un muscle qui travaille prend son carburant dans cette réserve partagée, pas dans la graisse posée dessus. L'essai généralement cité a assigné six semaines d'exercice abdominal quotidien à un groupe et rien à un groupe témoin, et n'a trouvé aucune différence de graisse abdominale entre eux — les pratiquants ont gagné de l'endurance et n'ont pas perdu plus de ventre que les témoins. C'est un petit essai de vingt-quatre personnes, et un petit essai ultérieur a soutenu le contraire, donc la lecture honnête est « les données dominantes disent non » plutôt que « prouvé impossible ». L'endroit d'où la graisse part en premier est largement fixé par le sexe et la génétique — c'est pourquoi le ventre est souvent le dernier à partir et le visage le premier —, et aucun choix d'exercices ne change l'ordre.
Verdict : faux, selon les preuves dominantes. Niveau de preuve C : un petit essai randomisé plus la physiologie, avec un petit essai discordant reconnu.
La part de vérité. Entraîner les muscles abdominaux les rend plus forts et, une fois que la graisse qui les recouvre s'amincit, visibles. Entraîner tout le corps élève la dépense et préserve le tissu maigre pendant un déficit. La graisse au-dessus du muscle part selon le calendrier du corps, pas celui de l'entraînement.
Une phrase à retenir : vous pouvez choisir quel muscle travailler ; vous ne pouvez pas choisir d'où vient la graisse.